Conférence à 17H30 par Athanaric Huard, Assistant, Institut für Indologie und Tibetologie, Ludwig-Maximilans-Universität München.
Si le royaume de Kucha a joui d’un prestige indéniable dans l’histoire chinoise, comme en témoigne la figure de Kumārajīva et la renommée de sa musique, la nature réelle des échanges entre ces deux cultures reste difficile à appréhender. Les traductions de Kumārajīva diffèrent nettement des textes qui circulaient ou étaient composés dans son pays natal. D’un autre côté, malgré des siècles de domination politique, l’influence chinoise est restée d’après les sources locales à première vue assez marginale.
Cette communication privilégie les sources locales (archéologie, linguistique et iconographie) pour dresser un nouvel état des lieux de ces interactions culturelles. Nous examinerons d’abord comment l’identification de nouveaux emprunts lexicaux témoigne de l’influence chinoise sur les élites koutchéennes à l’époque Han. Nous montrerons ensuite comment il est possible, par une analyse des phraséologies bouddhiques, d’identifier un filtre culturel « centrasiatique » chez les premiers traducteurs en chinois malgré l’absence de textes traduits directement depuis les langues d’Asie centrale, et enfin comment une analyse approfondie du corpus de textes locaux révèle des parallèles inédits avec les descriptions de la musique « koutchéenne » dans les sources chinoises.