Faire circuler les esprits, perpétuer la vie. Asie Centrale

Conférence à 17H30 , par Sylvie Lasserre, reporter indépendante, anthropologue, auteure et photographe, à la Maison de l’Asie, 22 avenue du Président Wilson, 75016 PARIS.

Le rituel chamanique du ko’ch en Asie centrale présente différentes variantes : dans l’une il a une fonction de guérison, dans l’autre, plus rare, il a pour objet de perpétuer la vie. C’est cette dernière variante qui nous intéresse aujourd’hui. Il s’agit, entre autres, de satisfaire les esprits des ancêtres afin que la vie continue sans entrave. Nous observons dans ce rituel l’omniprésence du cercle, essentielle, primordiale. Autre caractéristique, le rituel est effectué par des femmes et est conduit par une femme chamane (baxshi). Ce ko’ch particulier a été observé dans une région reculée située aux confins de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan, sorte d’isolat blotti au coeur d’une zone frontalière hermétiquement fermée et donc à l’écart des passages – en particulier des circuits touristiques -, ce qui a permis de préserver ce rituel, dont le substrat remonte à la nuit des temps.