Le portrait tibétain comme incarnation de la bouddéité

Mardi 23 mai 2017 :

Tibetan Portraiture as Embodiment of Buddhahood (Le portrait tibétain comme incarnation de la bouddéité)

par Christian Luczanits, Maître de conférences en art tibétain et bouddhiste à l’Université SOAS de Londres.

 Pakmodrupa Dorjé Gyelpo
Pakmodrupa Dorjé Gyelpo (phag mo gru pa rdo rje rgyal po; 1110–1170)
Central Tibet; ca. 1270
Pigments on cloth
32.1 x 25.7 cm
Rubin Museum of Art C2005.16.38 (HAR 65461)
After D. Jackson, Mirror of the Buddha, fig. 5.2.

 Behzād. Construction du Khawarnaq

Taklung Tangpa Chenpo Trashipel (stag lung thang pa chen po bkra shis dpal; 1142–1210)
Central Tibet; early 13th century
Pigments on cloth
39 x 30 cm
Private Collection.
After D. Jackson, Mirror of the Buddha, fig. 5.20.

Comme on le sait, l’enseignant (guru, bla ma) a un rôle exalté dans le bouddhisme tibétain. Cela est en partie naturel dans une tradition ésotérique qui dépend de la transmission d’un enseignement particulier d’un enseignant à l’élève. Mais dans la tradition tibétaine, l’exaltation de l’enseignant s’exprime de nouvelles façons qui font directement référence au Bouddha et à la Bouddhéité. Cela est particulièrement évident dans les portraits d’enseignants de l’époque où cette notion a pris naissance, les XIIe et XIIIe siècles. Cette conférence analyse les peintures de cette période, et les discute en termes des indices qu’ils fournissent à la compréhension de l’enseignant.

En plus de référencer directement les représentations du Bouddha et de sa biographie, les peintures sont aussi des expressions de la notion de guruyoga, la vénération de l’enseignant comme la divinité elle-même. D’après l’information trouvée sur le dos de certains portraits peints sur des rouleaux tibétains, il devient clair qu’ils doivent en outre être compris littéralement comme le corps de l’enseignant.

CONFERENCE à 18h

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