Témoignages du zoroastrisme à Sangir-tepe près de l’antique Kesh (Ouzbékistan)

 

Vue du site de Sangir-tepe.
Cl. Claude Rapin

Conférence SEECHAC 21 mai 2013 par Claude Rapin, chargé de recherche au CNRS

Connue surtout en tant que ville natale de Tamerlan, Shahr-i Sabz fait partie de l’ensemble des grandes cités de l’Asie centrale fondées à l’āge du fer ancien dans le dernier tiers du IIe millénaire av. J.-C. Mentionnée dès l’époque achéménide sous le nom de Kesh ou de Nautaca, la cité contrôlait la partie orientale de la plaine du Kashka-darya, sur la route maîtresse qui reliait Bactres à Samarkand par les Portes de Fer sogdiennes. Situé à l’avant des murailles de la ville, le site de Sangir-tepe est en prise directe avec ce contexte géo-historique. Durant toute l’époque achéménide le site connaît un statut de sanctuaire hors-les-murs. Il abrite tout d’abord un temple monumental, dont le culte relève des premières formes du zoroastrisme centre-asiatique, puis une terrasse sacrée. Abandonné peu après l’arrivée d’Alexandre le Grand, le site renaît à l’époque des Chionites (fin du IVe-milieu du Ve siècle ap. J.-C.) sous la forme d’une forteresse régionale. Les coutumes funéraires propres aux Chionites sont représentées par des tombes de tradition nomade, mais on découvre que les maîtres du chāteau n’ont pas exclu le zoroastrisme de leur environnement culturel, comme l’atteste le fait que l’une des tours abrita également des ossuaires.

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